Partager l'article ! 2. Premières impressions: Paris, 9 heures du matin : Il fait beau, il fait chaud. Je prends pla ...
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Paris, 9 heures du matin :
Il fait beau, il fait chaud. Je prends place à bord de cet énorme avion. Evidemment, je suis assis au milieu, donc difficile de se lever et impossible d’aller voir au hublot lorsque le pilote nous indique que l’on survole le Mont Blanc, le Stromboli, le désert libyen ou Khartoum. Au bout de trois heures de vol, on a mal au fesse et on se dit : « il va falloir tenir encore 20 heures ! » On mange, on dort, on lit, et en arrivant, on a l’impression d’avoir passé une nuit de 24 heures et il faut encore aller se coucher !
Me voici donc de l’autre côté de la Terre (carte) et pourtant en France. Je suis un peu dérouté. Il y a des blancs qui parlent français mais ce ne sont pas des étrangers, bien que certains, les Zoreilles, qui viennent pour une courte période ou qui ne sont pas nés sur le territoire puissent être considérés comme tels. Il y a des noirs qui parlent français également mais ce ne sont pas des africains. Les Kanaks ont un drôle d’accent.
Je me sens en France les trois quarts du temps et puis parfois, une personne, un paysage, une plante ou un oiseau me rappelle que l’on est tout de même très loin.
Ballade dans l’intérieur :
Je loge avec Sophie dans une maison à La Foa, sur la côte Ouest à peu près au milieu de l’île. En prenant la direction de l’intérieur, on monte sur quelques kilomètres dans les montagnes. La végétation est parfois clairsemée (certainement suite à des phénomènes de déforestation), puis passé le col de Farino, on s’enfonce dans la forêt. De là, on n’a plus la vue sur la mer, on pose la voiture dans les environs de Sarraméa et on emprunte un chemin au milieu des vaches (de grosses Limousines, si si !) Quelques plantes m’interpellent : les pins colonnaires, une espèce endémique d’arbres qui s’élèvent majestueusement tels des colonnes vertes. Les fougères arborescentes qui grandissent comme des palmiers : un tronc droit et fin coiffé de longues feuilles larges et découpées. Le Banian, un arbre immense dont les grosses racines s’entremêlent pour former le tronc et semblent être autant de jambes qui portent la structure et lui donne un aspect de cathédrale gothique.
Nous arrivons au trou Feillet, un espace où la rivière se laisse couler dans une grande vasque bordée de cette végétation luxuriante. Nous profitons de ce bel endroit pour faire une petite pause. L’eau n’est pas trop froide mais l’air est doux et une petite brise finira de nous dissuader de se mouiller plus que les pieds.
En repartant, nous passons près de la mairie de Farino qui nous offre un panorama sur la région, une vaste étendue verte au relief découpé et au loin, l’océan… Pacifique bien-sûr !
Sur le lagon, aux alentour de Pouembout :
A environ 200 kilomètres au Nord, nous retrouvons des amis et collègues de Sophie qui logent à côté des bureaux de l’organisme dont elle dépend.
Il est 7 heures et demi du matin et nous partons en direction du bord de mer en tirant le petit bateau d’Arnaud. A cette heure-ci, l’eau dans la baie est un miroir. Nous retrouvons Etienne et des amis qui nous ont également rejoints avec leur bateau.
Après la mis à l’eau, nous partons plein gaz vers le large où l’on peut deviner les gros rouleaux qui forment des petites taches blanches sur la ligne d’horizon. Là-bas, à environ 15 kilomètres des côtes se trouve la barrière de corail qui arrête les vagues. L’eau est transparente, tellement claire que l’on imagine avoir pied. Le fond sableux est à environ 5 mètres et les rochers qui affleurent presque à la surface sont autant d’abris pour une faune multicolore.
Nous avons soi-disant la malchance d’être tombés sur une zone où les poissons ne sont pas très abondants et pourtant, le masque et le tuba suffisent pour voir quelques spécimens du coin : des petits violet fluo, des noir et blancs rayés (sergent-major), une loche, et même un serpent qui ondule tranquillement sur le fond.
Je n’ai pas encore vu de requins bien qu’il soit très fréquents d’en croiser. Apparemment, ça a l’air de n’affoler personne ici.
Nous repartons un peu plus tard à la pêche à la traine et remontons en moins de 5 minutes une aiguillette (un bon mètre de long avec des reflets violets). Magnifique mais malheureusement immangeable car cette espèce est réputée pour avoir la Gratte, une maladie qu’attrapent certains poissons du lagon.
Nous repartons donc bredouilles vers la côte et nous posons sur une petite plage bordée de palétuviers pour le midi. Nous sommes en plein hiver mais le soleil tape fort. Malgré une bonne protection, je reviens avec un coup de soleil sur le nez mais très motivé pour continuer mon exploration sous-marine.