4. Tour d'horizon culturel

La foire de Bourail :

 

Chaque année en France, le week-end du 15 août est marqué par les traditionnels kilomètres de bouchons. Et l’on pourrait croire que la Nouvelle Calédonie est le territoire français qui échappe à cette règle… Or ce petit bout de terre, si éloigné soit-il de sa chère métropole n’en est pas épargné : ils ne sont pas lyonnais mais ils ont bloqué certains durant quelques heures, les bouchons d’entrée de la foire de Bourail.

 

Nous, étions encore en stop, aussi avons-nous courtoisement salué notre chauffeur du moment pour finir la route à pied. Il y avait encore au moins 4 kilomètres pour arriver sur le site, à côté de l’hippodrome.

La foire de Bourail, c’est l’étalement d’une partie de la culture calédonienne. A peine arrivé, le visiteur plonge tête la première dans l’univers caldoche. Petit rappel : la plupart des Caldoches sont descendants de colons : il y a eu les colons issus du bagne, des forçats libérés pour bonne conduite à qui l’on donnait un lopin de terre et que l’on obligeait à rester sur l’île, et puis également les colons Feillet, du nom de ce gouverneur qui, à la fin du XIXe favorisa la colonisation libre. Et est-ce la nature de l’histoire de ces familles, le terroir calédonien ou la vie insulaire ?... Beaucoup d’aspects de la culture des blancs calédoniens ressemblent à la représentation que l’on se fait des cow-boys de l’Ouest américain ou du Canada.

D’abord la tenue : chapeau de feutre ou de cuir à bords larges, chemise (parfois à carreaux rouges !), jean et bottines.

Ensuite le mode de vie : élevage bovin extensif, usage de l’équitation au quotidien, accents un peu rustre, gros 4x4…

Et puis quelques passions présentées à cette fameuse foire : le monde agricole, ses animaux, ses machines et tracteurs, les sports mécaniques comme le stock-car et la motocross et enfin les sports équestres comme le bulldogging et le rodéo.

Je n’irai pas plus loin dans la description car je ne connais que ce que j’ai pu voir et je ne voudrais pas tomber dans le préjugé douteux.

 

Donc en arrivant sur le site, nous évitons les queues interminables aux stands qui proposent des brochettes de cerfs (animal envahissant ici) et optons pour des brochettes de thon, nous faisons un petit tour du site, passons devant les marchés à légumes, à produits d’artisanat, les échoppes étalant tous les accessoires du parfait Caldoche (en particulier les chapeaux), les estrades où se produisent quelques danseurs kanaks (si peu représentés ici) ou tahitiens, les écuries, les stands « boucherie » qui étalent leurs gros morceaux de barbaque, les vendeurs de plantes tropicales d’ornement, la piste de moto… pour nous diriger vers l’arène du rodéo.

Beaucoup de monde s’est déjà installé tout autour. A un bout de l’enceinte, une estrade à été montée sur laquelle un présentateur braille le programme. A côté, des barrières forment un système de couloirs pour guider les animaux vers trois chambres à partir desquelles les concurrents montent sur les bêtes avant de se jeter dans l’arène.

Et je dois dire que le résultat est impressionnant. Ces hommes s’élancent sur des animaux déchainés qui leur envoient des ruades toujours plus hautes, parfois à contretemps, parfois sur le côté. Et les cavaliers tentent de tenir bon. Il arrive même que l’animal tombe puis se relève sans que le concurrent ne lâche prise. Lorsque les chevaux ne suffisent pas à faire monter l’adrénaline, ils sont remplacés par des vachettes ou des bœufs de 600 ou 800 kilos.

Une autre épreuve, le bulldogging, consiste à lâcher une vachette. Deux cavaliers s’élancent alors à ses trousses au triple galop et doivent dans l’action sauter de leur cheval, attraper la vache par les cornes et la mettre à terre. La pluparts ratent leur cible mais lorsque la manœuvre est réussie, c’est extrêmement impressionnant !

 

Un petit tour en tribu :

 

Après ce moment de découverte du folklore local, nous retrouvons un ami pour un dimanche plus calme. En effet, il nous emmène à Houaïlou, un village sur la côte Est, et nous accueille dans sa maison située au cœur d’une tribu canaque.

Nous quittons la route transversale pour emprunter une piste de terre qui s’enfonce dans la forêt puis, après avoir traversé une rivière à gué, nous arrivons chez lui : une petite maison en bois au milieu d’un grand et magnifique jardin. Nous passons une soirée très agréable en compagnie des « cousins », trois jeunes de la tribu qui se joignent à nous jusque vers minuit. 

Le lendemain, nous découvrons les lieux de jour. Notre hôte boit son café sous une tonnelle recouverte de ce végétal étrange qui arrive à pousser en se laissant pendre sans aucun contact avec le sol et forme une sorte de rideau végétal. Il nous parle de toutes les plantes et arbres que nous contemplons : pins colonnaires, bananiers, fougères, pandanus, goyaviers, bambous, bougainvilliers, cycas, ibiscus, kaoris… un vrai paradis.

Nous continuons de visiter les alentours et partons pour une petite promenade qui permet de rejoindre une rivière où nous pouvons nous rafraichir. Les cousins nous accompagnent, armés de leur fusil. Ici tout le monde chasse, Kanaks comme Caldoches. C’est presque une tradition. Ils espèrent ramener un Notou, ou pourquoi pas un cerf mais rentreront bredouilles. Sur le retour, nous entendons les chiens qui eux, en revanche, semblent avoir attrapé un cochon. Ils s’en régaleront seuls.

Une agréable journée donc, mais un peu courte. J’espère avoir d’autres occasions d’aller en tribu et d’être accueilli chez des Kanaks afin de découvrir un peu plus de leur culture.

 

Photos

 
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